Dans un élan d'Amour infini, leurs corps célestes s'enlacèrent pour ne faire qu'Un, et leur Amour coula en toute chose en un souffle pur et eternel, ce souffle qu'on appelle Vie. Belle histoire que leur union cosmique, Shiva et Shakti, entourés d'une lumière intense, déployant mille couleurs. Bel amour que celui qui crée le soleil et la fourmi.
Des histoires comme ça, il y'en a toujours eu, de la Terre qui s'offre au Ciel, du saint père semant Vie et Beauté par dessus son trône céleste, à la force infinie, éternelle, et indescriptible qui donna Vie car elle ne put faire autrement... Pour certains, elle va de corps en corps, pour d'autres, elle continue dans l'au-delà... après tout, rien ne se perd, tout se transforme. Peu importent le mythe qu'on lui attribue, le nom qu'on lui donne, la forme qu'on lui prétend, ou les intentions dont on l'accable, cette force, appelons-la Energie, Dieu, Grande Mère, dieuX, ou ancêtres... qu'importe après tout. Cette entité que Lao Tse a nommé Tao car il n'a pu trouver d'autre mot... cette entité, qu'on la divise, qu'on la multiplie, qu'on la dénie, qu'on la fasse mâle ou femelle, qu'on la relie à un peuple, à une langue, à une montagne, ou à un fleuve sacré, cette entité est en nous, autour de nous, elle était là bien avant nous et continuera d'être après notre existence fugitive.
Elle Est.
Une mosaique de croyances ferait alors un arabesque harmonieux et parfait... dans un doux blasphème de croyante, je me plais à L'imaginer nous dire :
"Je suis Ce qui Est, Atman, l'âme universelle, le Tao (chemin) que peu seulement prennent, l'Immaculée Conception, la Vérité, la seule qui soit. Cette Vérité censée vous unir, mais que vous brisez en mille morceaux pour mieux faire régner la division. Après tout, n'est-ce pas en assemblant des briques que l'on érige une tour? N'est-ce pas de sept couleurs que l'on obtient le blanc? De la même manière, c'est en unissant vos croyances que vous croyez si différentes, que vous découvrirez la foi qui est en vous, intacte, et qui vient d'une seule et même source, qui en elle coule, et qui vers elle retournera. Cette foi qui vous permet de croire en vos rêves, à l'amour, et au soleil... cette "Fitra" qui vous pousse à vous interroger, la joyeuse curiosité qui fait les sages. Je ne suis ni le Roi des Juifs, ni la Mère, ni l'Imam Cosmique, ni le Dieu du Bien, ni celui du Tonnerre. Je suis tout cela, et bien plus encore. Quelque soit ce en quoi vous croyez, vous croyez en Moi. Trêve de haine et d'indifférence, ressentez Moi, voyez le Tout. En l'arc-en-ciel, voyez le blanc flamboyant..."
De tous mes blasphèmes, celui ci me libère de toutes mes peurs, et me rapproche étrangement de mon paradis intérieur, et je ne peux que me demander... pourquoi voyons-nous les branches au lieu du Chêne tout entier? De quoi avons-nous donc si peur? de la Paix?