lundi 7 septembre 2009

Les Chemins de l'Amour


Le nom qui nous est donné, la famille où l'on naît, l'environnement dans lequel nous évoluons, les expériences que nous faisons, les gens que nous rencontrons, tout ce qui constitue le monde à nos yeux, et qui est l'objet de notre perception, n'est pas le fruit du hasard.


Si nous sommes ce que nous sommes, là où nous sommes, c'est pour une raison bien précise, pour un dessein qui nous transcende. Par conséquent, aucun de nous ne peut être un être insignifiant doté d'une existence insignifiante. Chacun de nous est un petit miracle qui se fond dans le miracle grandiose de la Vie.


Le monde tel qu'il nous est confié est toute Sagesse, nous livrant incessamment la Connaissance Essentielle dont nous avons besoin. Il suffit d'observer comment chaque créature, aussi minuscule soit-elle, joue un rôle indispensable dans l'écosystème, pour comprendre que notre existence humaine ne peut être ni accidentelle ni insignifiante; pas plus que celle d'une mouche ou d'une abeille. Cette symbiose parfaite, où chaque être a sa place, est la manifestation même de la Connaissance et la Sagesse qui irradient chaque instant devant notre regard distrait.


Le monde tel que nous le créons, est, en revanche, empreint de déséquilibre et d'iniquité. Nous avons réussi à brandir comme vérité absolue que notre propre existence peut être insignifiante si elle ne correspond pas aux modèles de réussite et de réalisation de Soi que nous avons défini. Ainsi, nous voyons nos rues peuplées de marginaux, de laissés pour compte, qui cheminent à nos côtés dans l'indifférence générale. Nous avons relevé le pari de faire croire à nos semblables que leur existence peut être vaine.


Seulement, l'être humain, aussi conditionné soit-il, est capable de se libérer de l'emprise de cette illusion par la pensée et le sentiment qui peuvent le mener à un état de conscience.


L'Amour, en est un. Un état de conscience où par notre capacité naturelle d'aimer tout ce qui est, nous nous réalisons.
La compassion, résulte de cet état de conscience. Il suffit d'accorder aux autres la compassion qu'on aimerait que l'on nous accorde, et ce, sans attendre qu'elle nous soit forcément accordée en retour.
Le pardon, est la pratique de la compassion. Ne pas pardonner est souffrance. Ne pas pardonner est être prisonnier de l'incapacité d'éprouver de la compassion.
La douceur, est la manière dont nous exerçons le pardon. Elle est aussi la propriété de la Vie. N'est-il pas rigide et sec tout ce qui est mort, et doux et souple tout ce qui est vivant?
La gratitude est ce qui nous permet de cultiver cette douceur. Car si l'on n'est pas reconnaissant de ce qui nous est fait et donné, comment pourrions nous faire preuve de douceur et de souplesse?
La modestie est nécessaire à la gratitude. Si l'on est humble, on comprend que tout ce que l'on a dans cette vie doit être accepté avec le sourire. Si l'on est orgueilleux, nous jugerions beaucoup de ce qui nous est donné comme étant insuffisant, et indigne de notre personne.


L'Amour est l'ultime état de conscience. L'Amour est racine, la compassion, le pardon, la douceur, la gratitude et la modestie, en sont les ramifications. Et il y'en a bien d'autres des ramifications! S'étendant en branches multiples et toutes aussi belles les unes que les autres. Soyons donc comme un arbre dont les racines seraient au ciel, et les branches sur terre. La racine étant l'Amour, elle serait l'Amour universel, celui du divin. Et les branches étant compassion, simplicité et douceur, seraient offertes à l'humanité, car elles s'étendent dans notre monde.


Alors est-ce qu'il y'a un chemin à suivre pour atteindre cet état de conscience? La réponse est non. Il y'en a plusieurs. Aussi nombreux qu'il y'a d'êtres sur cette terre, car chacun a son chemin inscrit en lui. L'Amour, la compassion, la douceur, la gratitude et la modestie, existent en chacun de nous, plus ou moins dissimulés derrière des préoccupations moins spirituelles. Pour voir leur lumière dans l'obscurité de l'ego et de l'ambition, il suffit d'aller peu à peu à l'encontre de ce que nous dictent incessamment l'ego et l'ambition.


Et c'est dans cette optique que prennent alors sens les enseignements sacrés. N'ont-ils pas tous tenté de nous libérer de l'emprise de l'orgueil et de la cupidité? N'ont-ils pas tous murmuré dans le coeur de chacun qu'il est lumière? Tous ces enseignements émanent de l'Amour et mènent à l'Amour, et ils sont tout autant de chemins à suivre pour atteindre l'Etat de Conscience. Mais il y'en a d'autres des chemins... inscrits en toi, en toi, en toi, et en moi. Inscrits en chacun de nous. Il suffit de trouver le chemin, et de le suivre.


Love&Light

Jeûne et Spiritualité


Ramadan, ce mois saint du calendrier lunaire est l'occasion pour les Musulmans du monde de pratiquer le jeûne, l'un des piliers de l'Islam. Mais que signifie jeûner?
Hormis le fait de s'abstenir de manger, de boire, et d'avoir des rapports sexuels de l'aube au coucher du soleil, quelle est la signification profonde du jeûne?

Eprouver la faim, la soif, tester son endurence, faire preuve de patience... tout celà fait partie des épreuves qu'offre chaque jour de Ramadan aux jeûneurs, mais il est un aspect du jeûne autre que l'aspect physique, et il s'agit de l'aspect spirituel du jeûne.

Selon Al Ghazali, il y'a trois types de jeûne. Le jeûne du commun, le jeûne de l'élite, et le jeûne de l'élite de l'élite.
Le jeûne du commun consiste à ne pas manger, ne pas boire, et ne pas avoir de rapports sexuels, celà va sans dire. Selon Al Ghazali, ce jeûne est dénué de toute profondeur et de toute spiritualité.
Le jeûne de l'élite consiste à, en plus des interdits alimentaires et sexuels, maitriser ses sens et ses membres, et à les observer. Celà veut dire qu'il faut empecher la langue de proférer mensonges et insultes, les pieds et les jambes d'aller dans des mauvais endroits, les oreilles d'écouter attentivement mensonges, médisance, et hypocrisie, les mains d'accomplir le moindre geste offensant, et les yeux de regarder, de scruter, de dévisager les gens et tout ce qui devrait être source d'indignation. Celà va sans dire qu'il ne faut céder ni à la colère, ni à l'envie, ni à la tristesse, ni au désespoir, ni au désir de nuire ou de médire.
Le jeûne de l'élite de l'élite consiste à, en plus de tout celà, s'abstenir de désirer tout ce qui n'est pas Dieu, par la pensée et par le coeur, en s'attardant sur pensées et désirs terrestres et volatiles. L'âme doit se focaliser ainsi entièrement sur son créateur, sans se laisser préoccuper par les problèmes et les tracas de la vie quotidienne, ou par le désir et l'ambition.

Bien entendu, il ne s'agit pas de spéculer sur la valeur de ces formes de jeûne, ou sur leur acceptation ou non par le divin; ce ne serait que divagations. En revanche, ce que les formes de jeûne dénombrées par Al Ghazali pourraient nous permettre de faire, est de nous interroger sur la manière dont nous jeûnons et ce en nous posant cette question primordiale: à la fin d'une journée de jeûne, qu'avons-nous appris?

Le jeûne, toujours selon Al Ghazali, est l'acte d'adoration le plus pur qui soit, car il est interne, il ne se manifeste pas par des gestes ou des paroles comme la prière, qui peut être feinte. C'est également un acte de rapprochement du divin, car, en s'éloignant des désirs et des préoccupations de notre corps, l'on se concentre davantage sur l'esprit, ce qui permet de se rapprocher de Dieu.

Jeûner, c'est donc se recentrer, se vider pour se ressourcer, se remplir de l'essentiel, de Dieu. Jeûner instaure un vide dans la journée, un vide qui devrait permettre à chacun d'entre nous de réfléchir à des choses essentielles, au delà des tracas quotidiens et matériels.
Ce vide, permet la méditation, la contemplation de son propre corps réagissant à la faim et à la soif.
Ce vide, permet aussi le silence et la simplicité du geste. Ce vide, permet la beauté, qui ouvre les chemins vers le Divin, qui est tout Beauté.

Bien sûr, pour ceux qui travaillent pendant ce mois saint, la tache est bien pénible, mais il est toujours possible d'éviter la colère et les paroles inutiles, et, le moment de la rupture du jeûne venu, ne pas s'empiffrer, car tout le sens du jeûne est de se desinteresser de l'objet tant désiré, une fois obtenu, selon Al Ghazali.

Sur ce, bon Ramadan à tous les Musulmans, que ce mois soit un mois de paix, de douceur, de simplicité, et de joie, qu'il repose notre âme de ce qui l'ennuie et l'éloigne de sa vérité.
Amen

jeudi 5 février 2009

La Verité

«La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve.»-Rûmi, mystique Musulman.



mercredi 4 février 2009

Son Originel


OM est un mantra, une syllabe sacrée dans les religions hindouiste, bouddhiste, sikhiste, brahmaniste et jainiste; c'est le son originel, qui est à l'origine de la Création. Tout chose est née d'une vibration sonore originelle, représentée par OM. Cette syllabe, placée au début et à la fin de toute prière dans ces religions, invoque l'Absolu, une Vérité Unique, le Divin, à l'origine de tout ce qui est.

Dans la religion hindouiste, il y'a deux voies pour la contemplation de Dieu (Brahman) : par le silence, et par le son. Selon les Upanishads, livre sacré hindouiste, le son de Brahman est OM. Par OM, nous allons vers la Fin, autrement dit, le silence de Brahman. la Fin est immortalité, union, et paix. L'utilisation de OM dans la prière est comparée au seul fil de l'araignée qui se fait toile et relie les coins d'un même espace; par ce seul mantra l'homme retrouve la liberté.
OM est en réalité, toujours selon les Upanishads, tout l'univers. C'est le son éternel, et c'est tout ce qui fut, qui est, et qui sera. Tout est OM. OM est la Réalité, la Vérité; elle est au coeur de Tout : « OM est la pulsation primordiale de l’univers. C’est la forme sonore de Atman.»

Prendre une position confortable où le corps se tient droit... dans le calme et le silence, écouter sa respiration, les yeux rivés vers l'intérieur de soi... une fois sa respiration reéquilibrée, une fois qu'on s'y est oublié, prononcer OM, et ne s'arrêter que quand on n'a plus le souffle pour continuer (ommmmm...) répéter à souhait, au rythme de sa respiration, inspirer, et en OM, expirer.... Quand OM s'arrête, vient le silence de Brahman. Quand OM s'arrête, le silence universel apaise l'âme. Quand OM reprend, le son de la Création retentit encore, et la vie qui pétille en toute chose est honorée.



mardi 3 février 2009

Retour à la Source

"Entre le ciel et la terre, il n'y a qu'une demeure temporaire." - Bouddha

Nous naissons, nous vivons, nous mourrons. La mort est cette réalité qu'on sait certaine, mais qu'on croit lointaine, et qui nous dépasse tellement que beaucoup d'entre nous sont terrorisés à l'idée de mourir. Pourtant, si nous ne mourrions pas, nous ne vivrions pas, car vie et mort n'existeraient pas l'une sans l'autre. Aussi vrai que nous sommes en vie, nous mourrons un jour, comme ces milliers d'âmes qui nous quittent chaque jour dans les écrans de nos télévisions, sur les colonnes de nos journaux, dans nos souvenirs lointains, dans nos familles, nos cercles d'amis, dans les pots de nos jardins, et dans les niches amies. Toute âme goûtera la mort, car toute âme goûta la vie. Pourtant, cette certitude qui pèse sur nous, finalement la seule qui soit, nous pousse à vivre notre vie d'une manière qui dépend très étroitement de l'idée même que nous nous faisons de la mort.

"Agissez pour ce monde comme si vous deviez vivre mille ans, et pour l'autre comme si vous deviez mourir demain" - Mahomet

Dans la religion Musulmane, la vie sur cette terre, appelée "vie première" est comme le passage d'un étranger dans une ville; un passage éphémère rythmé de joies et de peines, sur un chemin de tentations et de tests de la providence... une séquence sans grande importance, car après elle réside la "vie dernière", celle du retour de notre âme vers son Créateur. Finalement, cette vie première sans grande importance, a toute l'importance qu'on peut imaginer, car c'est en cette vie même qu'on fera les choix et les actes qui décideront de notre dernière demeure après notre mort: l'enfer ou le paradis. Une vie insignifiante que l'on doit vivre chaque jour comme si on allait mourir demain, en pensant à purifier son âme, son esprit, et son corps du mieux qu'on peut, afin de jouir des délices du paradis pour l'éternité. Le contraire, une vie axée autour du matériel, une âme qu'on oublie de purifier des artifices de ce monde, de l'avarice, du vice, de la méchanceté, de la luxure, et de toutes ces choses qui noircissent les plus blanches de nos âmes... une vie pareille ne peut mener qu'en enfer, endroit de feu et de souffrance éternelle.

"Car certaine la mort pour celui qui est né, et certaine la naissance pour qui est mort" - Bhagavad-Gita

Dans la religion hindouiste, la mort n'est que celle du corps, car l'âme voyage de corps en corps, se réincarne. Seulement, cette réincarnation est souffrance, car l'âme ne retrouve jamais son Créateur tant qu'elle n'a pas fait un avec Lui. Pour se libérer alors du cycle des réincarnations, il faut atteindre le Moksha, un état spirituel où l'âme s'unit avec l'âme universelle, Atman, et réalise qu'elle ne fait qu'Un avec tout Ce qui Est. Ainsi seulement, l'âme se libère de la réincarnation, et atteint la paix suprême. Autrement, elle continuera de voyager de corps en corps, portant sur ses épaules le lourd fardeau du Karma, chaque acte vil qu'elle a commit lui étant rendu par la providence, un mal pour un mal, un bien pour un bien.

"Vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre" - Gandhi

Toutes les religions ont tenté tant bien que mal d'apporter une réponse à la question qui hante sans doute le plus l'humanité et ce depuis que le monde est monde : que se passe-t-il après la mort? Certaines ont laissé cette question en suspens, d'autres ont tenté d'y répondre... Mais quoiqu'il en soit, l'idée qu'on se fait de la mort forge finalement l'idée qu'on se fait de la vie. Car croire en une vie après la mort, pousse certains à vivre cette vie ci du mieux qu'ils peuvent, cherchant à accomplir le bien et à combattre le mal, pour que cette vie après la mort soit meilleure, et surtout, sans souffrance. Mais plutôt que de nous demander ce qu'il y'a après cette vie, demandons nous les choses qu'on serait prêt à faire, et celles auxquelles ont serait prêt à renoncer si quelqu'un venait nous brandir, comme une vérité absolue, qu'après la mort nous irions tous dans un monde meilleur? Les plus pieux d'entre nous cesseraient-ils de prier? Laisserions nous nos élans d'envie, de méchanceté, et d'égoïsme s'emparer de nos intentions et diriger nos actes? Ou continurions nous de faire le Bien pour le Bien, sans mérite ni récompense? En y pensant, nous réalisons à quel point l'idée que nous nous faisons de la mort définit les valeurs et la valeur de notre vie.

"La mort n'est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour." - Jiddu Krishnamurti

Avoir peur de la mort, c'est un peu comme avoir peur de son ombre, car les deux nous suivent partout, et nous n'y échaperons jamais. Pourtant, cette peur existe chez beaucoup d'entre nous, et il faut chercher à comprendre son origine.
Avons-nous peur de la mort parce que nous ignorons ce qui nous attend? Parce que nous n'avons pas la conscience tranquille? Parce que l'idée que tout s'arrête nous est insupportable? Parce que nous souhaiterions emmener avec nous de l'autre côté tous ceux qu'on aime ? Parce que nous ne savons pas quand cette mort surviendra et qu'on a peur qu'elle vienne au mauvais moment, avant que nous n'ayons pu réaliser nos rêves, et laisser notre empreinte dans le monde? ... Pourquoi avoir peur de la mort? Est-ce ce désir de tout contrôler qui se retrouve fou, et qui dans sa folie, nous paralyse? ...
Finalement chacun d'entre nous croit en l'idée de la mort qui correspond le plus à son idée de la vie. Que la mort soit perçue comme une fin ou comme un passage, elle donne toutes ses couleurs à la vie. Loin de toutes questions métaphysiques et morales, nous pouvons tous tenter l'expérience spirituelle de la mort, pas de l'état de mort, mais de l'idée même de mourir un jour.

"L'impermanence est la loi universelle." - Bouddha

Au fil des saisons, le monde change, semble naître et renaître à l'infini. Contempler l'ephemere en toute chose est un exercice spirituel qui permet de se détacher de sa réalité mortelle, pour observer la mortalité de toute chose, et ainsi revenir vers sa propre réalité mortelle, et l'appréhender différemment. Car oui, nous ne sommes pas les seuls à goûter à la mort, et de même, la mort n'arrive pas qu'aux autres. C'est une vérité absolu que tout être vivant y goûtera un jour, au terme d'une existence qui se veut empreinte de souplesse, de changement, d'évolution. Cette contemplation de la mort des êtres qui nous entourent, et de la fin que subit toute chose, permet aussi de relativiser les peines et les joies qu'on rencontre dans sa vie. Notre réalité mortelle est celle de tous les autres, de tout ce qui existe autour de nous, et c'est la réalité de la Vie; une réalité qui nous inscrit dans un Tout, où chaque être aussi minuscule qu'il soit constitue le maillon d'une chaîne. La réalité de la mort ne fait que confirmer à ceux qui y croient, que nous faisons partie d'un Tout, et que par conséquent, nous sommes tous sujets aux mêmes lois de la nature, aux mêmes coups du destin, empreints de la même Beauté, celle de la Vie.

"Vivre chaque jour comme si c'était le dernier"

Vivre sa vie intensément, ne veut pas dire vivre dans l'excès, mais vivre avec excès... excès de joie, de bonheur, de candeur, de curiosité, d'air pur, d'amour, de paix. Comme un ciel immuable aussi, les nuages ne sont pas que nos pensées, ils sont aussi nos émotions... et pour reprendre les paroles de Lao Tse, soyons comme les forces de la nature_ quand il pleut, il n'y a que la pluie, quand il vente, il n'y a que le vent. Chaque évènement apporte en lui peine ou joie, à nous de ressentir la peine, comme la joie. Mais aussi, vivre chaque jour comme si c'était le dernier, c'est faire son devoir, et le devoir c'est notre environnement qui le définit. Nous avons, quelque soit notre réalité, des devoirs envers nos rêves, envers l'amour que nous portons pour autrui, envers les idées et les valeurs que nous défendons. Accomplissons alors nos devoirs, tous nos devoirs, chaque jour. Non seulement nous réalisons l'harmonie et l'équilibre, mais en plus, et surtout, nous nous en allons dormir sans le moindre regret. Mourir en paix, c'est ne rien regretter.

"La vie est un départ, la Mort, un retour" - Lao Tse

Vivre, c'est prendre un chemin. Toute notre vie est ce chemin que nous prenons, nous avançons comme nous pouvons décider de reculer, de s'arrêter. Nous avançons, ne sachant pas trop où l'on va, mais en nous fixant des objectifs personnels qu'on cherche à atteindre par les ramifications de notre chemin-père; le Chemin qui est Vie, Âme, et Divinité. Mais où allons-nous? si la vie est un départ, c'est que nous comptons bien arriver quelque part. Notre âme qui est celle partagée par tous, et notre corps, enfant de la Nature, font le grand départ pour l'aventure de la vie, mais pour arriver où? Si la mort marque la fin de la vie, alors, elle marque l'arrivée, l'aboutissement de ce chemin. Seulement, serait-il possible que la mort soit tout simplement un retour vers la source de laquelle nous venons tous? Si cette source est Dieu, alors notre naissance est un passage de Dieu à la Vie matérielle; la vie matérielle, elle est un simple parcours, car au bout, il y'a la mort, un retour vers Dieu. Entre l'arrivée qui est au même temps le point de départ, se trouve la vie telle que nous la connaissons. Allons-nous la vivre en gardant dans nos coeurs le souvenir de la Source qui nous a crées et qui nourrit pour nous un amour infini? Allons-nous l'aimer en retour chaque jour de notre vie ? Ou allons-nous l'oublier, l'ignorer, croyant désespérément n'exister qu'ici et y rester pour toujours?

"La mort est un état d'âme." - Marcel Jouhandeau

Finalement, qu'est-ce que la mort? c'est quelque chose qui ne nous concerne pas tant qu'on est en vie, et qui ne nous concerne plus quand on est déjà morts. C'est un moment d'une brièveté étonnante, qu'on pourrait difficilement concevoir. Mais on peut expérimenter la mort en expérimentant ses caractéristiques. Ce qui est mort est rigide, sec, figé. Nous pouvons être des êtres rigides, secs, et figés dans nos idées, et prétendre vivre. Ce qui est propre à la vie est la douceur, la fraîcheur, l'évolution. Nous pouvons alors être doux, souples dans nos idées et dans nos principes, frais, ensoleillés, avides de vie, et vivre alors pour de vrai.

vendredi 23 janvier 2009

In Nature




The imminence of pleasure, the shadow of pain
Searching for the one, chasing the other…
All the questions we ask have their answers in Nature.
Where we come from is the land to which we will finally return.
Who we are is where our inner being meets the outside world.
Why we are here is the reason why every other heart is now beating.
Life is like the sea, it is deep, but most of us only see the surface.



Happy Here


Heavy cotton, music goes back and forth in my mind, my moves are slow, there’s a moon on the roof. My breath goes slow and deep… I feel free.
All inhibitions lost, subconscious appeased, the surrounding energy speaks through me. I’m getting closer to myself, musical meditation.
The beats reveal the sleeping beast, awakening up my love for the smell of clay, breeze and all being things.

Awake, I gently touch the one I am inside, speaking words of forgiveness and amazement. Forgive the flaws, the mistakes, the crossroads, the doubts, the despair, and the moments of sorrow … forgive people for being cruel and shallow.
Get amazed at the beauty of the world, this world of mercy where everything falls into place, where beauty lives inside the creeping ant, around the dreaming mountain, and through the waters of the sea. Get amazed at the way life goes, like a spiral of newness, each day is candidly entering into Life, bringing that desire to live unprepared, and to take what life brings with freshness.

What is past when there is present? It’s nothing but a senseless memory, gone but still there, like a virtual blood running through your veins.
What is future when there is present? It’s nothing but that taste you have in your mouth when you think of having a strawberry, it’s your greatest fear disguised, your greatest wish magnified, suspended in the memory of the world, like the billions of dreams of humanity.
The present is perpetual discovery, the silent quest of a soul yearning for her Creator.

Freed from the artifices of the mind, you finally see through you… you’re happy being here.

L'Un et le Multiple

Dans un élan d'Amour infini, leurs corps célestes s'enlacèrent pour ne faire qu'Un, et leur Amour coula en toute chose en un souffle pur et eternel, ce souffle qu'on appelle Vie. Belle histoire que leur union cosmique, Shiva et Shakti, entourés d'une lumière intense, déployant mille couleurs. Bel amour que celui qui crée le soleil et la fourmi.

Des histoires comme ça, il y'en a toujours eu, de la Terre qui s'offre au Ciel, du saint père semant Vie et Beauté par dessus son trône céleste, à la force infinie, éternelle, et indescriptible qui donna Vie car elle ne put faire autrement... Pour certains, elle va de corps en corps, pour d'autres, elle continue dans l'au-delà... après tout, rien ne se perd, tout se transforme. Peu importent le mythe qu'on lui attribue, le nom qu'on lui donne, la forme qu'on lui prétend, ou les intentions dont on l'accable, cette force, appelons-la Energie, Dieu, Grande Mère, dieuX, ou ancêtres... qu'importe après tout. Cette entité que Lao Tse a nommé Tao car il n'a pu trouver d'autre mot... cette entité, qu'on la divise, qu'on la multiplie, qu'on la dénie, qu'on la fasse mâle ou femelle, qu'on la relie à un peuple, à une langue, à une montagne, ou à un fleuve sacré, cette entité est en nous, autour de nous, elle était là bien avant nous et continuera d'être après notre existence fugitive.

Elle Est.

Une mosaique de croyances ferait alors un arabesque harmonieux et parfait... dans un doux blasphème de croyante, je me plais à L'imaginer nous dire :
"Je suis Ce qui Est, Atman, l'âme universelle, le Tao (chemin) que peu seulement prennent, l'Immaculée Conception, la Vérité, la seule qui soit. Cette Vérité censée vous unir, mais que vous brisez en mille morceaux pour mieux faire régner la division. Après tout, n'est-ce pas en assemblant des briques que l'on érige une tour? N'est-ce pas de sept couleurs que l'on obtient le blanc? De la même manière, c'est en unissant vos croyances que vous croyez si différentes, que vous découvrirez la foi qui est en vous, intacte, et qui vient d'une seule et même source, qui en elle coule, et qui vers elle retournera. Cette foi qui vous permet de croire en vos rêves, à l'amour, et au soleil... cette "Fitra" qui vous pousse à vous interroger, la joyeuse curiosité qui fait les sages. Je ne suis ni le Roi des Juifs, ni la Mère, ni l'Imam Cosmique, ni le Dieu du Bien, ni celui du Tonnerre. Je suis tout cela, et bien plus encore. Quelque soit ce en quoi vous croyez, vous croyez en Moi. Trêve de haine et d'indifférence, ressentez Moi, voyez le Tout. En l'arc-en-ciel, voyez le blanc flamboyant..."

De tous mes blasphèmes, celui ci me libère de toutes mes peurs, et me rapproche étrangement de mon paradis intérieur, et je ne peux que me demander... pourquoi voyons-nous les branches au lieu du Chêne tout entier? De quoi avons-nous donc si peur? de la Paix?